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Cap InnovAction : Les étudiants collaborent au-delà des frontières

« Je suis vraiment satisfaite. Ce n’étais pas une tâche aisée, mais nous pouvons être fières  du résultat. Nous sommes satisfaites. » Rayonnantes, les étudiantes qui ont créé l’itinéraire touristique “Sweet Memories” admirent leur prix : un ensemble de bons FNAC. « Ouille, ces bons seront-ils acceptés de l'autre côté de la frontière ? », se demande l’une d’elles, pragmatique. « Probablement », répond une voix rassurante. Nous sommes à l’événement de clôture de Cap InnovAction, un projet transfrontalier réunissant trois grandes écoles/écoles supérieures. 

Le défi de la langue 

Le groupe « Sweet Memories » était l’un des vingt groupes d’étudiants de grandes écoles chargés il y a quelques semaines de crée un circuit sur le thème de la commémoration de la 1ère Guerre mondiale. L’itinéraire touristique devait de surcroît être réalisable et abordable. « Ce projet constituait pour nous un défi particulier », déclarent les étudiantes en tourisme de l’école supérieure Howest de Flandre occidentale, « La langue véhiculaire était le français, durant tout le projet. Nous devions donc nous concentrer sur le contenu et en même temps entrer en discussion avec les étudiants français et wallons. » Pour les étudiants de Howest, ce projet faisait partie du cours de français.

« J’en ai sué », déclare un étudiant flamand. Son professeur de langue approuve : « Le niveau de français de nos étudiants n’a pas augmenté ces dernières années. Nous pouvons donc être fiers des résultats de nos groupes. Evidemment, ils savent que s’ils veulent réussir dans leur branche, l’anglais ne suffit pas. » 

Les compétences en langues sont essentielles aussi pour les étudiants wallons et français. « Cela demeure un défi », confirment les professeurs de l’école lilloise Gaston Berger et de la HEH, la Haute Ecole de Hainaut. « Via ce projet, nous voulons montrer à nos étudiants combien il est facile de collaborer. » Les vingt groupes l’ont prouvé ces dernières semaines. 

Tourisme de mémoire intelligent

C’est à Gaston Berger, une méga-école lilloise, que les étudiants ont pu présenter leur travail. Ils avaient déjà travaillé ensemble dans les trois régions. Ils présentent leurs circuits touristiques à l’aide de déguisements, d’accessoires, de présentations Powerpoint sonores et surtout avec beaucoup d’enthousiasme. « C’est la troisième fois pour nous », explique Serge Gramtine, qui a construit le programme de coopération avec ses collègues Lieve Daniels et Jeanne Delattre. « Et nous sommes toujours aussi enthousiastes. »

L’itinéraire touristique “Sweet memories, lost lovers, wedding promises” nous emmène à Ieper, Boeschèpe et Lille. Pendant deux jours, le visiteur est plongé dans la vie romantique d’un couple sur les traces de leurs ancêtres. Ici, ni tenues militaires ni grenades, ni rhétorique patriotique ni musées de l’armée. Ce groupe propose un circuit élégant et émouvant qui tient de l’immersion. Ce qui est en fin de compte l’objectif du tourisme de mémoire. 

« Nous connaissions assez mal l’autre côté de la frontière », déclarent les étudiants, «  Sauf pour y faire du shopping occasionnellement, mais cela s’arrêtait là. C’est grâce à cette mission que nous avons été amenés à creuser ce qu’il y a à voir et à faire au sein de l’Eurométropole. Et nous sommes agréablement surpris. » 

Boîte de singe ?

« Nous nous sommes vraiment bien amusés pendant le parcours préparatoire », expliquent Inês Mendes et Romain Maurer de l’Agence de l’Eurométropole. « Nous avons présenté le territoire de l’Eurométropole aux étudiants. Pas avec une présentation classique, mais via un jeu, une espèce de quiz. Ce qui a très bien fonctionné, en plus d’être amusant. » L’Agence soutient Cap InnovAction et y voit un investissement dans les jeunes talents.

L’emballement qu’ont suscité les présentations et la remise des prix du 15 décembre dernier est toujours palpable. Nous avons appris qu’il est possible de dormir dans une ‘roulotte’ à Wambrechies, de visiter Armentières en calèche, qu’il y a des tranchées ouvertes au public à Ploegsteert, qu’Ieper possède un magnifique musée de la guerre et que Poperinge abrite la Talbot House. Et qu’une ‘boîte de singe’ n’est pas une boîte avec un singe à l’intérieur, mais le repas d’un soldat.

Texte : Bart Noels - Eurometropolis News