Innovation

"HACK the EUROMETROPOLIS #2" : la dynamique citoyenne continue !

"L'Eurométropole vient d'être hackée. Un virus a tout infecté sur son passage et il ne reste plus rien. Tous les compteurs sont à zéro. Nous, les citoyens, avons maintenant toutes les clés en main. A quoi ressemblerait notre Eurométropole ?"

C'est sur la base de ce postulat qu'a débuté la 2e édition de "Hack the Eurometropolis", mardi 16 février au Negundo de Tournai. Après le succès de la première session, fin novembre 2015, ils étaient près de cinquante Belges flamands et wallons et Français pour continuer les débats et faire fuser les idées autour du futur de l'Eurométropole. Et pour ce 2e acte, un seul mot d'ordre : penser plus loin !

Sur le modèle du World Café, les participants sont réunis par tables de quatre, avec pour consigne d'essayer de se retrouver entre inconnus et de répondre à la question posée : à quoi ressemblerait donc cette Eurométropole rêvée ? Les premiers échanges sont timides mais très vite les interlocuteurs se découvrent et les dialogues s'engagent. Plus verte, plus intégratrice, plus conviviale : chacun décrit son Eurométropole #2, sans limite à l'envie et à l'imagination, avant de la partager avec l'ensemble des présents grâce à des post-it disposés sur un mur.

Dans une sorte de jeu de chaises musicales citoyen et participatif, trois personnes sont ensuite invitées à changer de table pour continuer avec de nouveaux interlocuteurs autour d'une autre question. La personne qui reste en place devient passeur de témoin, alimentant les échanges en gardant en mémoire les discussions passées. Les propos s'enrichissent, les idées se précisent : chaque groupe identifie trois grandes thématiques qu'il estime être importantes. Education, économie collaborative et solidaire, bilinguisme ou encore mobilité sont parmi celles qui remportent les suffrages.

La valse continue dans la bonne humeur et le partage : on change à nouveau de table pour délimiter les actions réalisables dans les semaines qui arrivent afin d'implanter cette nouvelle Eurométropole. Du concret ! Toute once d'hésitation et de timidité a disparu des visages, ne reste qu'une envie partagée de créer, innover, apprendre. "Il faut créer un évènement fédérateur !" propose-t-on à une table ; "Pourquoi pas une plateforme d'information transfrontalière ?", demande-t-on à une autre ; "Des échanges transfrontaliers pour étudiants et apprentis !" s'enthousiasme un troisième groupe. Toutes les idées sont collectées et organisées à l'aide des post-it. Il ne s'agit pas de réinventer ce qui est déjà fait, mais bien de profiter des richesses existantes pour aller plus loin.

Après que chacun ait pu voter pour ses idées favorites, plusieurs thèmes se distinguent et délimitent 4 grands groupes de discussion pour réfléchir à la concrétisation possible de ces idées :

Du côté de l'économie collaborative, on parle par exemple d'un SEL (système d'échange local) eurométropolitain et d'une ré-introduction de la gratuité pour certains services. 

Pour l'enseignement des langues, de la culture du voisin et de la citoyennet, "Bla Bla School" et "Bla Bla Family" sont évoqués, avec l'idée d'un évènement type speed-dating pour faire se rencontrer et échanger les familles des deux côtés de la frontière. 

Au niveau mobilité, c'est le partage de véhicules, la promotion du vélo et le développement des pistes cyclables qui sont mis en avant, avec pourquoi pas des "autoroutes à vélo" vers les centre-villes.

Enfin, le groupe "Convivialité et échanges" imagine un concept d'accueil : des Wallons, Flamands et Français se retrouvent chez un ambassadeur sur un lieu du territoire pour en découvrir les recoins cachés et transmettre le "virus eurométropolitain". Les invités deviennent ensuite à leur tour hôtes, avec l'accueil d'un nouveau groupe, etc. 

S'il faudra sûrement encore un peu de temps pour rendre tangibles les idées exposées, les graines pour l'Eurométropole du futur ont été plantées. A nous désormais de les entretenir. "Hack the Eurometropolis #2" a permis de mobiliser et d'innover, mais le travail ne s'arrête pas là ! Il faut "être contagieux" et mobiliser le plus grand nombre de citoyens possible, pour qu'un potentiel "Hack the Eurometropolis #3" puisse encore approfondir les débats : à vous de jouer !


Photos : Marie-Hélène Elleboudt