Portrait

"La première plus-value d’une réflexion transfrontalière peut être le développement de notre identité"

Qu’est-ce qui te plait dans ce que tu fais ? 

Dans la vie professionnelle, on essaie de développer nos projets avec Via Lactea et la Petite Fabriek, toujours de façon réaliste : « Small is beautiful ». 

Sinon, j’ai aussi deux enfants et je voyage énormément, c’est un aspect très important de ma vie personnelle et professionnelle. D’ailleurs, je pense que l’Eurométropole ne devrait pas se renfermer sur elle-même mais plutôt s’inspirer de ce qui se fait ailleurs en Europe. 

Si je te dis « transfrontalier », tu réponds ?

C’est traverser des frontières. Pas seulement une frontière linguistique ou une frontière géographique mais aussi une frontière que l’on a dans sa tête ! On vit dans une époque où les gens ont peur, ils ont peur d’aller à Lille, par exemple, ils ont besoin de se replier sur eux-mêmes. Je pense aussi que le transfrontalier est perçu trop souvent dans une dimension socio-économique alors que la première plus-value d’une réflexion transfrontalière peut-être le développement de notre identité. 

Ton coup de cœur eurométropolitain ? 

Dans l’Eurométropole ? Le Mont-de-l’Enclus. C’est un endroit que je trouve très intéressant, situé entre Renaix, Tournai et Kortrijk. Déjà, c’est à côté d’Avelgem, où je suis né, mais c’est aussi très connu des habitants de Tournai et des habitants de Kortrijk. Cela a toujours été un endroit où les gens des différentes régions se sont retrouvés, un lieu de rencontre transfrontalier informel. C’est bien pour les enfants mais c’est aussi connu des personnes plus âgées. 

Ce qui te surprend encore de l’autre côté ? 

Je ne me considère pas vraiment comme flamand, j’habite à Tournai depuis 15 ans. Cependant, je trouve la question inutile puisqu’elle part du principe que quelqu’un a une identité fixe. C’est un peu conservateur parce qu’une identité peut être très flexible. Je suis étonné de la façon dont on cherche des différences chez l’autre qui, pour moi, n’existent pas tant. On est assez identique finalement ! Partout on trouve des beffrois, les gens aiment manger, aiment la bière, il n’y a pas autant de différences, et on essaie de convaincre les gens qu’elles existent alors qu’elles sont minimes ! 

Un rêve pour le futur ? 

Que les Diables Rouges fassent une bonne coupe du monde ! (rires)

Au niveau de l’Eurométropole, j’espère que les jeunes d’aujourd’hui auront le courage d’aller contre l’idée de mettre en avant les différences en préférant chercher ce qui nous unis. Et pour ça, il faut stimuler les jeunes à bouger, aller voir comment ça se passe ailleurs en Europe et revenir avec de nouvelles inspirations ! J’espère que la culture pourra être un peu plus mise en avant au sein de l’Eurométropole, parce que ça n’a plus l’air du tout d’être une priorité. C’est un choix de nos politiciens dans l’Eurométropole que d’écarter la culture. J’espère qu’ils auront le courage de la défendre, parce qu’elle est cruciale dans la création d’une identité et de l’innovation. 



L’actualité de la Petite Fabriek : 

A partir de septembre, la Petite Fabriek accueillera tous les mois une série de concerts « Bar Mondial ». Au programme : des musiques du monde et la possibilité de gouter à des plats locaux. 

Ils participeront aussi à « Art dans la ville » avec la ville de Tournai. 

www.lapetitefabriek.be/fr/